Yule, fin d’une ère et déboulonnage du Père Noël (âme sensible s’abstenir ;)

Le Solstice d’Hiver est a porté de calendrier de l’Avent.

Plus que 3 semaines avant le Solstice qui aura lieu dans la nuit du 21 au 22 décembre. Cette nuit si particulière où l’obscurité nous enveloppe de son épais manteau où l’on plonge au plus profond de soi même pour aller y chercher notre propre lumière. Le Solstice était célébré par les sociétés païennes sous le nom de Yule, avant l’appropriation par le christianisme et la juxtaposition de la fête de Noël.

Dans les temps anciens, avant l’ère chrétienne, les païens célébraient Yule au moment du Solstice. Chez les Scandinaves, on parle aujourd’hui de Jul signifiant Solstice pour évoquer Noël. A Yule on célèbre le retour de la Lumière en invoquant le Soleil. La lumière est au cœur des célébrations avec les bougies, les feux, et aujourd’hui les illuminations. Étaient mis à l’honneur les végétaux résistants au froid, les sapins, le houx ainsi que les animaux comme le rennes, le bouc, le roitelet. On brûlait une bûche durant la nuit de Yule dont on gardait précieusement les cendres pour allumer le feu de la bûche de l’année suivante. Beaucoup de symboles que l”on retrouve aujourd’hui dans les festivités de fin d’année quelles soient religieuses ou séculaires.

A Yule et maintenant à Noël, on vient chercher la chaleur et la lumière en se rassemblant et partageant des présents et un repas riche et opulent pour appeler l’abondance dans l’année a venir.

Que l’on soit croyant ou non, que notre foi soit tournée vers autre confession, que l’on célèbre Noël ou non, ou que l’on soit athée, la période précédent le Solstice ( l’Avent) peut être inconfortable de part l’obscurité et le froid dans lequel on est plongés. L’invitation au replis au retour vers le dedans peut être source de peurs, des angoisses voir d’un certain désespoir.

D’où le chocolat du calendrier de l’Avent ;) qui vient combler du moins en apparence, notre peur abyssale du noir, de la solitude, du néant, de la mort. Et si l’obscurité s’installait pour de bon et que le soleil ne revenait plus ?

A ces questionnements métaphysiques s’ajoute les préoccupations pratiques liées à la période et aux préparatifs des célébrations. Le stress de l’organisation peut nous engloutir surtout si on est une femme en couple hétéro et qu’on célébré Noël. Notre charge mentale gonfle de manière exponentielle tout le mois de décembre. On se retrouve happée dans le tourbillon, de l’organisation, des cadeaux, les suivi colis, les horaires des point relais, les invitations, la réservation de billets de train, etc. On se retrouve à ménager les susceptibilités de chacun, l’emploi du temps de toutes.s tout en continuant à travailler (que ce travail soit rémunéré et/ou domestique) et gérer sa vie et celle du foyer. Nous voila bien loin du repos et du replis tant attendu, que notre corps nous réclame.

Et si on a des enfants, on entre dans la course effrénée qui vous conduira tout droit jusqu’à la dinde du 24 décembre, sur les rotules en plein burn out familial. Je digresse mais c’est bien la réalité de la majorité des femmes de notre société. Arriver exténuée le jour des festivités sans la moindre reconnaissance et en plus se farcir, les commentaires désagréables d’un vieil oncle misogyne qui ne “peut plus rien dire”.

A cela s’ajoute l’invisibilisation de la charge mentale des Femmes au profit de la plus grosse arnaque du siècle, j’ai nommé le bienheureux Père Noël.

Un vieil homme que l’on ne connait ni d’Adam, ni d’Eve, qu’on laisse entrer dans nos maisons, la nuit sans que personne ne s’en rende compte, pour y apporter des cadeaux et ce uniquement si on est sage. Si on prend le temps d’enlever tout le décorum et qu’on dépouille le sens de l’affaire, ça ressemble à si m’éprendre à une bonne relation d’emprise menée par un pervers narcissique!

Je réclame, la réhabilitation de la mère Noël pour qu’au moins symboliquement nous soyons reconnu à notre juste valeur et qu’on enroule dans sa barbe le Père Noël.

Plus qu’une année s’est aussi une ère qui se termine. En numérologie nous clôturons un grand cycle de 2000 ans celui de l’ère du Poisson ( qui correspond grosso merdo à celui du patriarcat), ère du Sacrifice. Pour entrer dans l’ère du Verseau, de la Vérité. Beaucoup de choses se finissent, on sent le vent du changement à l’œuvre dans nos sociétés, l’ordre établi s’inquiète, la pression augmente car il sait que c’est bientôt la fin d’un temps, de son temps. Ce changement on peut aussi le sentir en nous. On peut ressentir cette force de vie qui pulse, cette rage qui gronde comme un volcan prêt à érupter, cette urgence de la réappropriation du féminin, de l’utérus, de la souveraineté, de l’empouvoirement, de l’autonomie spirituelle, intellectuelle, émotionnelle des esprits, des corps et plus particulièrement des corps dit féminin.

C’est comme une plongée sans fin dans l’utérus cosmique de la Terre Mère, dans l’obscurité de son antre. On se sent à l’étroit, on éprouve de l’inconfort, la colère monte, la force de vie nous pousse à chercher la sortie pour renaitre à la lumière du Solstice dans un nouvel état d’être.

C’est en plongeant à corps perdu dans notre noirceur qu’on peut accueillir la lumière, notre étincelle ( big up au L5 pour les millénials qui se souviendraient ;) celle qui nous guidera pour ce nouveau cycle, cette nouvelle ère.

C’est ça (aussi) l’esprit de Yule!

A toutes les personnes pour qui cette période est compliquée, douloureuse synonyme de solitude (intérieure ou extérieure), qui n’ont pas la possibilité de célébrer avec leurs proches ou qui n’ont pas le choix que de célébrer avec leurs proches, pour qui c’est un fardeau, etc, je vous envoie plein de douceur et de tendresse.

OM SHANTI

Camille

Précédent
Précédent

DIY : Décorations Végétales pour Yule et Noël

Suivant
Suivant

Recette de Samhain : Courge farcie